jeudi 23 janvier 2014

Le Top End



Quelques centaines de kilomètres avant Katherine le décor change : la végétation devient dense et luxuriante, l’eau réapparait sous toutes ses formes (la chlorophylle des arbres, les ruisseaux ondulants, le ciel couvert et l’humidité de l’air). La température du thermomètre redescend à 26° mais on ressent une chaleur lourde et moite ; les averses coulent à flots pendant 40 minutes, puis l’eau s’évapore du sol pour nous faire un hammam naturel = bienvenus en zone tropicale !!!

 

On part visiter le Nitmuluk National Park à l’est de Katherine : on nous prévient que la baignade dans la rivière est interdite pour cause de crocodile ! 


 


On fait une petite marche jusqu’à un point de vue des gorges. Arrivés au sommet la pluie commence à tomber et pas un arbre pour se réfugier ; ça nous rafraichit mais on est trempés jusqu’aux os :)



Ensuite on prend la direction du Kakadu National Park : à l’entrée du parc on nous apprend qu’on est les premiers touristes de la journée et sûrement les seuls. 


Le parc s’étend sur 20000 hectares, 400 kms de route goudronnée permettent de le parcourir, les pistes pour 4x4 sont majoritairement fermées car inondées, la baignade est interdite dans l’ensemble du parc à cause des crocodiles. 

 


 On parvient quand même à aller admirer quelques beaux points de vue sur la forêt tropicale. On fait une grimpette d’une heure sur des sentiers caillouteux glissants au milieu de la végétation et de la faune locale. 
 




 




Un détour par le cultural center nous apprend le cycle des saisons selon les indigènes. 


 
 

Enfin on accède à Nourlangie Rock un site de peintures rupestres : un genre de musée en plein cœur d’un écrin de verdure.





 

En altitude la vue est à couper le souffle : des hectares de forêt à perte de vue et au loin des falaises qui marquent le début du territoire d’Arhnem, une terre aborigène préservée …




 


Le soir on a tenté de dormir aux abords du parc … Le combo marécages + chaleur + humidité nous a amené une nué de moustiques et malgré la moustiquaire ils nous ont attaqué toute la nuit !

lundi 20 janvier 2014

On roule, on roule !



On se relaie pour faire une moyenne de 600 km par jour (= un bon plein), direction Darwin !

On remarque que des petits monticules très nombreux font leur apparition au bord de la route, et à perte de vue. On apprendra plus tard que ce sont des termitières, et qu’il y en aura pendant plus de 1000 km, de toute taille, parfois déguisées de t-shirt et de casquette :p


Notre guide nous incite à faire une halte essence à un pub délire, à quelques kilomètres de la highway. La déco est atypique, et les soirées ont l’air enflammées ! Nous on y passe à l’heure de l’apéro, alors on goûte une bière locale quand même : ça faisait longtemps, et surtout ça rafraichit !

Aux abords de Mataranka, on va piquer une tête dans les sources naturelles d’eau à 32° aussi :D Intuitivement, on n’est peut-être pas pressés qu’il fasse bientôt encore plus chaud et humide ^^’

Au dessus de nos têtes, d’abord des chauve-souris, un peu différentes de celles du sud, puis des grosses araignées, qui mutualisent leurs efforts pour tisser d’immenses toiles au dessus de l’eau. Notre chemin du retour au parking est épié par des kangourous (des Euros, en fait, qui peuplent ces forêts tropicales :)


 

Au centre du village, un banian géant est connu pour avoir, en son temps, servi de prison temporaire.
Même en « ville », toujours beaucoup d’oiseaux, encore différents dans leurs formes, couleurs et chants !



 

On passe la nuit sur une aire de repos, au milieu des termitières, où quelques voitures d’aborigènes bruyants se croisent. Ici ce sont des perroquets très colorés (c’est tout son derrière qui est rouge !) qui nous tiennent compagnie, ainsi que des oiseaux beige avec comme un masque cornu noir… mais trop vifs pour être immortalisés, sorry ^^

Chapter 3 : Alice spring et la fin du désert



En continuant la route vers le nord, nous sommes arrivés à Alice Spring la ville du centre rouge. Elle est située au milieu d’une mer géante de sable rouge. L’occasion de retrouver un peu de civilisation (ahahah du réseau !) et de croiser plein d’aborigènes (plus d’un quart de la population est indigène dans le coin). Ils se baladent tous pieds nus en ville et passent une bonne partie de la journée assis à l’ombre des eucalyptus ; certaines femmes vendent dans la rue leurs créations d’art aborigène, les garçons se baladent en bande … On est un peu surpris de voir un policier en uniforme devant chaque « bottle shop » ( les seuls établissements où on peut acheter de l’alcool en Australie) mais visiblement l’alcoolisme est un fléau pour ces populations.

 

On file au Reptile center. On peut admirer tout un tas de lézards, serpents venimeux, iguanes etc … 
 




 On a même droit à une présentation particulière de certains specimens et les plus courageux peuvent leur faire des gratouilles … Moi je prend les photos pour immortaliser ;)


 


Lézard à langue bleue
Python olive
Jack le dragon
 












On fait ensuite la visite du musée des Royal Flying Doctor Service : les ambulanciers de l’air. Il y a des bases partout en Australie et ils couvrent 90 % du territoire australien. Leur mission est de porter secours et d’évacuer les patients dans les régions les plus reculées d’Australie. 

 
L’avion est léger et aménagé comme une ambulance. Le pilote est capable d’atterrir en moins d’un kilomètre sur des pistes caillouteuses ou même en plein nature …



 L’infirmière qui l’accompagne est super compétente : urgences, pédiatrie et même une formation de sage-femme (même si on conseille aux femmes enceintes de se rapprocher d’un hôpital le dernier mois de grossesse). Un médecin accompagne parfois le cortège. Une autre mission est d’entretenir des valises d’urgence situées dans des dispensaires bien paumés et de donner par téléphone des consultations et des prescriptions. 


On reprend la route vers Darwin (encore 1500 kms à parcourir !) et on fait une halte au Devil’s Marble des blocs de granites en forme de billes formées par des siècles d’érosion. 

 






 

On ne s’y attarde pas trop car l’endroit est infesté de mouches bien agaçantes : elles nous obligent à porter notre filet sur la tête pour éviter qu’elles ne se faufilent dans les oreilles, les narines, la bouche et qu’elles finissent par nous rendre fous ...

dimanche 19 janvier 2014

Outback Chapter 2 : Uluru



(prononcez « tchapteur tou : oulourou » pour que ça rime :p)

Nous arrivons dans le « Northern Territory » : grand comme 3 fois la France, et peuplé comme … ½ ville de Lyon :p (on apprendra plus tard qu’il y a plus de crocos que d’habitants !)
Comme souvent, le climat semble expliquer la désertion démographique. Nous, on arrive en pleine « wet season », ou saison où il pleut … presque pas tout le temps :)
En Tasmanie, on avait croisé une dame qui fuyait le NT après y avoir passé 40 ans : « chaque été me semblait encore pire que l’année qui précécdait ». Il semble coutumier d’en parler comme étant la « suicide season » :S chic !

On réalise en recomparant nos montres qu’on a encore gagné 1h (ça ne nous fait plus que 8h30 de décalage avec la France, pour ceux qui suivent ;)

 L’Ayers rock, donc, qui fait plutôt penser les lyonnais à un pub pour étudiants bièrophiles, (Uluru en langue aborigène) est un énorme caillou monobloc dont la partie immergée au dessus du sable est le symbole le plus célèbre de l’Australie centrale.

On connait surtout ses rendus au coucher du soleil où, d’après notre guide papier : « il prend d’étonnant reflets changeants […] qui ne font que rehausser sa magie » … bon, on a tenté … d’après les photographes sur place, il aurait fallu que tous les nuages devant le soleil se trouvent plutôt au dessus du rocher.. !

Bref, on s’est consolé de notre « dark Uluru » avec une visite guidée par un ranger le lendemain à l’aube (après 11h, la chaleur interdit les visites ^^). 

Merci à ma pote Manu de nous avoir fait investir dans un filet à mouches ! On suit mieux les commentaires sans 3 de ces bestiaux dans chaque orifice facial !!

Le guide était un vrai passionné, qui en savait long sur le mode de vie des aborigènes du coin. Il nous a fait passer plusieurs de leurs outils traditionnels. On a même fini en discussion, moins prévue par sa fonction, autour de l’intégration de ces populations. Tout n’est pas rose, il était un peu gêné d’en parler en uniforme ^^’
A savoir que les aborigènes sont propriétaires des terres où se situe Uluru depuis la fin du siècle dernier seulement, et qu’on continue d’en permettre l’escalade, alors que d’après notre guide :

1 - c’est dangereux, 36 personnes en sont déjà mortes, le sommet n’est pas du tout plat et empêchent les hélicos d’intervenir dans des temps que nécessite la chaleur ambiante
2 - c’est parfaitement irrespectueux des croyances aborigènes qui considèrent le lieu sacré
3 - c’est désastreux d’un point de vue écolo, parce que tout ce que perdent les milliers de touristes chaque saison (téléphone, appareils photos, et tous les métaux lourds qu’ils contiennent) se retrouve dans les pluies qui balayent parfois le sommet. Et les cascades qui se créent à ce moment sont assez rares pour être particulièrement appréciées de toute la faune et la flore…


 
Du coup, ça nous passe notre envie d’escalade, et on laisse le chemin de chaine « déconseillé » pour aller apprécier Kata Tjuta (aka « les Olgas »). 36 dômes de pierre qu’on avait perçus de loin la veille au soir. Moins connus, même si le plus grand dépasse Uluru de 200m !
  

<----- L’occasion d’un « où est Charlotte ? » impressionnant (que la résolution d’upload ne permettra peut-être même pas d’apprécier complètement !



 
Sur le chemin du retour, c’est la PANNE !! d’essence, enfin ! Ça faisait 150 km que je tentais de vider le réservoir pour connaitre sa taille exacte, pour rentabiliser notre jerricane d’essence (les stations sont rares, et souvent hors de prix), et pour le fun, aussi :D Finalement, il y avait bien une réserve, et on pouvait faire 100 bornes dessus… Charlotte flippera moins souvent ;) !